L’AFB et Michael Balint

Histoire de l'AFB

En 1960, parait aux Presses Universitaires le livre princeps de Michaël Balint : Le Médecin, son Malade et la Maladie. C’est une révélation, car si les aléas de la relation médecin malade étaient connus depuis qu’existent médecins et malades, le moyen de l’étudier quant à la personne propre de chaque médecin, et de leur donner, à chacun en ce qui le concerne, le moyen d’une modification personnelle, à des fins relationnelles thérapeutiques, n’existait pas. Très vite, en France, d’éminents praticiens, psychanalystes intéressés par l’exercice de la médecine (Gendrot, E. et G. Raimbault, M. Sapir, Ch Brisset, P. Benoit, V. Gachkel, P. Guyotat et d’autres), étudient et utilisent cet outil pour animer des « Groupes Balint » dont le besoin se faisait sentir en face d’une médecine scientifiquement triomphante, laissant oubliée la personne du malade.

Il se crée une Société Médicale des Groupes Balint qui réunit les usagers de ces groupes, tandis que parallèlement les leaders éprouvent le besoin de travailler ensemble sur leur expérience d’animateurs. (Groupe dit Marignan).

Michel Sapir, qui travaillait dans le service de Charles Brisset à l’hôpital Rothschild, élabore, avec ses collaborateurs, sa méthode de Relaxation Analytique, nommée à l’époque R.I.V. (Relaxation par Induction Variable) et crée avec ses collaborateurs de l’époque, une autre association  l’AREFFS, en 1975, où, à côté de la relaxation, existent des groupes balint. Parallèlement, il instaure à Divonne un Séminaire franco-suisse de formation à la relation soignant soigné, où, pendant quatre jours, chaque année, se pratiquent groupes balint.  Il initie et anime un « Grand Groupe » selon une heureuse formule encore féconde, directement inspirée des travaux et des idées de Michaël Balint. Il y introduit la relaxation. Ce séminaire de Divonne changeant de lieu, deviendra le Séminaire d’Annecy. Ce séminaire collabore dès le début avec les médecins balintiens suisses.

Un groupe balint, affilié à la Société médicale des Groupes balint, devenue entre temps la Société médicale Balint (SMB) est mené par Charles Brisset. A sa demande, Anne Caïn, psychanalyste et psychodramatiste à Marseille, vient y participer pour y introduire le psychodrame freudien, créant de ce fait avec ce groupe expérimental une toute nouvelle entité, élaborant ainsi ce qui allait devenir le « Psychodrame balint, méthode Anne Caïn ».

Michel Sapir, intéressé par cette expérience qui, comme la relaxation, met en jeu le corps, invita Anne Cain à enrichir les activités de l’AREFFS à Paris,  ainsi que celles du séminaire d’Annecy en y introduisant le psychodrame Balint.

Anne Caïn fonde, en 1995, son association : l’AIPB : Association Internationale du Psychodrame Balint.

Ainsi quatre associations sont à cette époque en présence. – SMB (Société médicale balint) – AREFFS (Association de recherche et d’étude de la fonction soignante) – LES JOURNEES D’ANNECY – AIPB (Association internationale du Psychodrame Balint) –

Nombre d’animateurs travaillent simultanément dans l’une et l’autre des associations.

La formation des médecins évoluant, il est possible de proposer ces méthodes de formation dans le champ de la formation médicale continue.

Ainsi se crée en 2007 L’ASSOCIATION de FORMATION BALINT, (AFB), à partir de l’association AREFFS – Journées d’Annecy,  Celle-ci regroupe des membres de l’AREFFS devenue AREPS et de l’AIPB. Elle utilise les méthodes des groupes balint, du psychodrame Balint, et de la relaxation psychanalytique Sapir.

L’AFB anime les Journées Balint d’Annecy avec des animateurs de ces différentes sociétés. Elle anime aussi des séminaires de formation médicale continue à Paris et en province.

L’AFB est l’une des premières associations de formations agrées par le dispositif de formation médicale continue, puis l’OGDPC et l’actuelle ANDPC.

L’AIPB et l’AREPS poursuivent leurs activités propres de recherche et de formation.

Les groupes Balint

Le petit groupe Balint classique C’est en 1957 que paraît à Londres, le livre de Michaël Balint : « Le médecin, son malade et la maladie » (traduit en français par J.P. Valabrega en 1960).

  1. Balint était un psychanalyste anglais d’origine hongroise qui travaillait à l’époque à la Tavistok Clinic, haut lieu de recherche et de pratique autour des groupes. Il assurait aussi une consultation de psychiatrie à orientation psychanalytique.
  2. Balint était un psychanalyste très impliqué dans la formation des psychanalystes et sa théorie personnelle de la psychanalyse, tout en restant strictement fidèle à Freud, a été très influencée par Ferenczi et plus tard par ses relations, ses discussions avec Winnicott et Bion.

Son intérêt pour la médecine et pour les médecins, ne s’est jamais démenti depuis les tout débuts de sa pratique en Hongrie. N’oublions pas que son père était médecin généraliste… et que lui-même exerça un temps comme généraliste. Les premiers groupes de médecins prirent place dans un programme de formation post universitaire des généralistes dans le cadre de la Tavistok Clinic à Londres. Les groupes hebdomadaires de huit à douze médecins étaient animés par un psychiatre psychanalyste avec un ou deux observateurs. Ces groupes duraient deux années et, après ce temps, ceux qui voulaient poursuivre leur formation formaient un nouveau séminaire. La moyenne de durée globale était de quatre ans. L’originalité de ces groupes a été posée d’emblée. Ce ne sont pas des groupes d’enseignement mais des groupes de « formation et de recherche » à partir de cas cliniques apportés par les médecins sans notes et sans prise de notes. L’animation par un psychanalyste favorisait le travail d’association qui n’était pas familier aux médecins et Balint parlait du « droit à la bêtise ». Le leader était considéré comme un expert dans son propre domaine de compétence c’est-à-dire celle du soin aux malades psychiatriques et de l’analyse et celle de la conduite des groupes, mais il n’avait pas de compétence dans la pratique de la médecine générale. En tant que formateur, il n’apportait pas de réponses ou de solution directe, aux problèmes posés. Dans la suite de ces groupes institutionnels, Balint a constitué (en pratique privée) un premier groupe privé de médecins qui a été le noyau d’un groupe de très longue durée. L’une des acquisitions premières recherchée dans ces séminaires était d’apprendre à écouter les autres et aussi soi-même, mais ce n’était pas des groupes de psychothérapie et la sphère privée en était totalement exclue. les concepts balintiens Balint insistait sur « la difficulté (pour le médecin) à reconnaître l’écart entre son comportement réel et ses intentions et croyances » ce qu’il a désigné d’un terme ambigü « la fonction apostolique du médecin ». Un autre de ses concepts clé est la notion de « médicament-médecin » pour lequel il s’interroge, avec humour, sur la forme sous laquelle il devrait se prescrire lui-même. 3ème concept important « la compagnie d’investissement mutuel » – c’est-à-dire le « capital / accumulé dans une relation de longue durée) qui ne doit pas être gaspillé mais utilisé de manière que médecin et patient aient tous deux un bénéfice en retour ». Le 4ème et dernier concept est élaboré autour de « la place des affects dans la relation soignant-soigné ». Dans son ouvrage « Techniques psychothérapeutiques en médecine » , Balint différencie deux sortes de compréhensions ;

  • L’une intellectuelle, tout à fait indispensable qui ressort de la démarche clinique, de l’établissement du diagnostic et même de la théorisation médicale
  • L’autre, (relationnelle et) émotionnelle, à bien des égards plus complexe, au cœur du travail de ses groupes.

« L’aspect le plus important de cette différence est l’identification qui est à la base de toute compréhension émotionnelle. » Il y développe longuement ce qui différencie pour le soignant, une relation personnelle d’une relation professionnelle, mais il est bien évidemment conscient de l’ambiguïté de ces différenciations.  Les groupes Balint en France Les groupes Balint furent introduits en France dans les années 1960 sous forme de groupes de 8 à 10 médecins se réunissant tous les quinze jours pendant deux heures avec un ou deux analystes. Les participants assis en rond, sans table, apportent, sans utiliser de notes, un « cas », c’est-à-dire l’histoire d’une relation qui leur pose problème avec l’un de leurs patients. On aborde généralement deux cas par session. Le ou les animateurs, conscients, tout comme Balint l’était, des phénomènes de groupe à l’œuvre, n’en feront pas état et travailleront sur le discours du médecin qui expose le cas et sur les interactions entre les participants en tentant de favoriser la liberté des associations autour du « cas ». Les aspects contretransférentiels de l’approche du médecin apparaîtront à travers les interventions mais ne seront pas interprétés par l’animateur. Petit à petit, au cours des mois et des années, les mécanismes de répétition, d’identification à l’œuvre dans les relations de cas se préciseront et prendront sens pour chacun dans son histoire sans qu’elle soit évoquée dans le groupe. Le grand groupe Balint (M.Sapir) Lors de la création des journées franco-suisses de Divonne ouvertes à tous les soignants de pays francophones, Michel Sapir initie le dispositif d’un grand groupe Balint. Le Grand groupe hétérocentré, a comme le petit groupe Balint, pour objet l’analyse progressive du cas présenté. Les participants s’installent en cercles autour d’un cercle central, disposition du petit groupe balint classique. Le cas est présenté, dans le cercle central, par un participant volontaire, les autres participants interviennent librement, à partir d’une circulation de la parole conduite par les deux animateurs. La spécificité du dispositif du grand groupe tient au fait que l’anonymat relatif ainsi que les mouvements psychiques, associatifs et émotionnels liés à la présence dans le « grand groupe », contribuent fortement  à l’implication du participant dans la session, favorisant ainsi l’interrogation personnelle et la réflexion de chacun quant à l’importance occupée par ces éléments de subjectivité dans la relation avec les patients.

Bibliographie

  • ABOULKER P., L. CHERTOK, M. SAPIR, La Relaxation (Rééducation psychotonique) Aspects théoriques et pratique. ESF Editeur (1964 ).
  • BALINT M., Le médecin, son malade et la maladie. Paris, Payot. (1968).
  • BALINT M , Techniques psychothérapeutiques en médecine.  Payot, 1961
  • BALINT M., Le défaut fondamental, Payot, coll. «Petite Bibliothèque Payot», 2006
  • BALINT M., Amour primaire et technique psychanalytique, Payot, 2001
  • COHEN-LEON Simone.  Le corps en relation. Paris. Eres 2003
  • CAIN A. Le psychodrame Balint. Méthodes, théorie et applications. Grenoble, La Pensée Sauvage.(1994).
  • MEYER M.,  LONDICHE  M., DREYFUS M. : Entre mots et touchers, le corps en transfert.  La pensée sauvage
  • REVERCHON F., M. MEYER, Psychanalyse et Relaxation autour de la chronique d’un groupe. ESF Editeur, Coll. Psychothérapie, Méthodes et cas. (1985 ).
  • SAPIR M. et coll., La Formation psychologique du médecin, Paris, Payot. ( 1972).
  • SAPIR M. et coll., La Relaxation : son approche psychanalytique, Dunod. ( 1975 ).
  • SAPIR M., Soignant-Soigné, le corps à corps, Paris, Payot. ( 1980 ).
  • SAPIR M. et coll., Les groupes de relaxation, Formation et thérapeutiques, Dunod, collection Inconscient et culture. (1985).
  • SAPIR M. (sous la direction de), Formation à la relation soignant-soigné, Ed. La Pensée sauvage.
  • SAPIR M. (sous la direction de), Formation et institutions soignantes, Ed. La Pensée sauvage.
  • SAPIR M., Nous sommes tous des psychosomatiques, Paris, Dunod. ( 1986).
  • SAPIR M. et coll., La Relaxation à inductions variables, Grenoble, La Pensée sauvage. ( 1993).
  • SAPIR M., Psychothérapie de relaxation chez l’adulte, EMC.
  • SAPIR M., La relation au corps, Dunod. (1996).
  • SAPIR M, La relation au corps » Ed :Dunot, « Place du grand groupe hétérocentré dans un séminaire discontinu utilisant plusieurs techniques », Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe N°29…

Associations Amies de l’AFB

S.M.B. – Société médicale Balint

Michael Balint

Président
Dr Guy EVEN

Secrétaire générale
Dr Joëlle LEHMANN

Trésorier
Dr Michel ROBINOT

Trésorier adjoint
Dr Alain MAHEO

Responsable Communication
Dr Sylviane ROSET-JAULT

Autres membres du
Conseil d’administration

Dr Danielle AVRAMOV
Dr Marie Noëlle LAVEISSIERE
Dr Henry NACCACHE
Mme Josiane QUILICHINI